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Pollution de l'air : les mesures de l'Etat (10-12-2016)

Hier soir, les maires de la Haute Vallée de l’Arve étaient invités en Préfecture pour parler des pics de pollution et des nouvelles mesures proposées par le Préfet. Le maire de Praz-sur-Arly était sur place. Infos et réactions à chaud.


La Haute Vallée de l'Arve : Passy (photo d'archive novembre 2015)


Pour répondre à l’inquiétude de la population, les services de l’Etat ont ainsi présenté leurs actions pour les jours à venir.

A partir de mardi, la circulation alternée sera mise en place pour les poids-lourds les plus polluants (inférieurs à la norme Euro 3), qui représentent 30% des camions sur le secteur. Les mairies pourront aussi prendre des arrêtés de création de zones de circulations restreintes ponctuelles pour renforcer la protection des populations les plus sensibles.
En revanche, selon le Préfet, les conditions légales ne sont pas réunies pour interdire les poids-lourds les plus polluants pour ce qui est du transport international « en raison des traités entre France et Italie, qui n’autorisent cette décision que si les 80 microgrammes de particules sont constatés sur toute la vallée de l’Arve et si les autres secteurs où le trafic serait dévié ne seraient pas déjà en pic de pollution eux-mêmes » expliquait le Préfet aux élus, très déçus que cet aspect ne soit pas traité.

Côté industries, le SITOM s’est engagé à réduire son activité au minimum tant que le niveau de pollution resterait élevé, et à refuser les déchets des autres territoires que ceux du Pays du Mont-Blanc et du Val d’Arly. Philippe Drevon, président du SITOM et adjoint au maire de Passy, a toutefois rappelé que le SITOM n’émettait presque pas de particules fines (il génère 78 kg de PM10 par an).
Quant à l’usine SGL Carbon de Passy, qui a déjà réduit sa production depuis le début du pic de pollution, elle va encore stopper une installation supplémentaire dès lundi. Son directeur, Serge Paget, a précisé que le groupe investissait de façon spectaculaire pour limiter son impact sur l’environnement. « En dix ans, nous avons divisé nos rejets par cinq en investissant 6 millions d’euros dans les systèmes de dépollution. 600 000 euros seront encore investis en 2017. »

Le préfet a aussi signé, hier, un courrier adressé à toutes les industries du territoire pour qu’elles réduisent leurs activités les plus émettrices en particules fines. Il va aussi prendre un arrêté d’interdiction d’utilisation des chaudières biomasse dans le secteur du travail du bois. Beaucoup de scieries se chauffent souvent, en effet,  avec les chutes de bois produites sur place. Toutefois leurs chaudières ne sont pas toujours respectueuses de l’environnement.
Les opérations de séchage du bois devront aussi être reportées.

Le maire de Praz-sur-Arly, Yann Jaccaz, a participé à la réunion. S’adressant au Préfet, il a estimé « qu’il faut être réalistes et que l’on ne peut pas attendre des mesures miraculeuses qui résoudrait le problème ces 15 prochains jours. Les mesures présentées touchent à des symboles, qui ne sont pas forcément responsables de l’essentiel de la pollution. Toute diminution est bonne à prendre, mais les deux tiers des particules proviennent des activités individuelles, notamment le chauffage au bois. Ces mesures et communications d’urgence ne pourront donc pas satisfaire la population si elle n’a pas le sentiment que l’Etat et les collectivités prennent le problème à bras le corps et travaillent à un programme ambitieux pour lutter contre toutes les sources de pollution. Il faut montrer à nos habitants que nous irons plus loin avec le PPA II et qu’il sera mis en oeuvre rapidement. »

Pour le maire de Praz, interrogés à la sortie de la réunion, « des sujets comme le ferroutage auraient dû être traités sérieusement depuis des décennies. Cela aurait participé à la diminution de la pollution, mais aussi  amélioré la sécurité routière. Les gouvernements reculent pourtant chaque fois que des lobbys font pression. »

Quant au chauffage au bois, responsable de 60% des particules fines du territoire, « il doit faire l’objet d’une plus grande communication pour sensibiliser la population et les entreprises. Sans prise de conscience générale, le fond air bois ne jouera pas à plein. Et il faudra peut être trouver de nouvelles pistes pour rendre le changement des modes de chauffage plus attrayant. »

Développer les transports en commun « serait aussi une solution, mais elle a un coût élevé sur des territoires à la population bien plus diffuse qu’en agglomération, avec des besoins très différents d’un ménage à l’autre. La piste de la voiture électrique parait aussi intéressante. L’autonomie a progressé. De plus, chaque foyer dispose, en moyenne, de 2,5 voitures. Au regard de peu de kilomètres que l’on fait au quotidien, ne serait-il pas logique que l’une d’elles soit électrique ? A noter que nombre de communes de Haute-Savoie, dont Praz, vont  commencer à déployer, avec le Syane, des bornes de recharges en 2017. Ce sera aussi une manière de rassurer les usagers et de les inciter à aller vers ces modes de transports. »

Concernant les déchets, « il y a une vraie révolution à mener. Le SITOM travaille déjà au développement du compostage. Il faudra mettre l’accent dessus car ce sera moins de déchets incinérés. Idem si chacun fait l’effort de trier. Pourquoi laisser brûler un objet qui peut être recyclé ?  Pourtant, les chiffres montrent que beaucoup de gens trient peu ou mal. C’est regrettable que l’on en soit encore là alors que l’on devrait déjà être sur la piste de la baisse de la production des déchets. Un emballage recyclable, c’est bien, mais un emballage non produit, c’est encore mieux pour l’environnement. »

Quant à la gestion de ces déchets, le maire pralin estime « qu’il n’est pas logique que l’on ait laissé le soin aux intercommunalités de développer leurs centres d’incinération. Cela devrait être géré à l’échelle régionale pour se regrouper et investir dans des centres qui soient encore plus vertueux pour l’environnement et répartis intelligemment sur le territoire. Aujourd’hui, nous gérons de petites structures, qu’il est donc plus coûteux d’entretenir et de mettre aux normes. Nous sommes dans le grand écart entre pousser les populations à mieux trier et réduire leurs déchets, mais aussi trouver des déchets, parfois hors du territoire, pour que la centrale tourne de façon efficace. L’Etat, les régions et les départements doivent donc repenser le système et proposer un plan de gestion de ces déchets qui soit cohérent avec les objectifs de réduction des ordures ménagères. »

Pour Yann Jaccaz, il reste donc beaucoup de travail à faire, mais « la mobilisation des citoyens et la prise de conscience des élus locaux est en train de faire bouger les lignes. Il faut maintenant se retrousser les manches très vite, en pensant - en premier lieu - aux habitants du fond de la vallée qui sont les plus touchés. Nous sommes responsables de la qualité de l’air de notre commune, mais aussi de celle de nos voisins ».


En savoir plus :
Lire le communiqué du Préfet.
et le bulletin de vigilance pollution du 10 décembre.



 

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